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Patrick Morency. Découverte inspirante !

Je vous propose aujourd’hui de découvrir un jeune artiste montréalais très talentueux et qui comme pour moi, les traces laissées par le temps semblent avoir une signification toute spéciale…

J’ai croisé Patrick Morency pour la première fois au SIDIM 2011 (Salon International du Design d’intérieur de Montréal), où il exposait quelques-unes de ses oeuvres dans la Galerie des arts visuels.

 

Mon regard a été rapidement attiré, pour ne pas dire «aimanté», par ce tableau sculptural fait de grandes feuilles d’acier oxydé (rouillé).

 

Moment d’inspiration pure pour l’artiste en moi !

 

J’ignore encore pourquoi, mais depuis quelques années la rouille me fascine.
Comme si cette salissure se faisait rassurante, voire réconfortante pour moi.

 

Comme si cette trace laissée par l’usure du temps me poussait à trouver des techniques d’oxydation de métaux et d’objets, mais aussi à découvrir des matériaux et des artistes pour qui la rouillure a aussi un certain sens…

 

L’art de Patrick Morency se situe à la frontière de la sculpture, de la peinture
et de l’objet design.

L’acier est sa matière privilégiée. Il l’utilise soit pour ses qualités plastiques
et structurelles, soit comme surface. Il se procure les matériaux la plupart du temps à l’état neuf et les oxyde et les travaille lui-même pour leur donner un aspect usé / vieilli.

Les couleurs y sont rarement pures, souvent dérivées du processus même
de l’oxydation de la pièce.

Ses oeuvres deviennent des objets design, des tableaux-sculptures aux lignes épurées qui jouent avec la lumière et qui créent des ombres portées sur les mur qui les portent.

 

 

Les oeuvres de Patrick Morency seront exposées ce mois-ci à la galerie Zéphyr

au 2112 Amherst à Montréal.

Du 9 au 28 janvier 2012.
Vernissage le 12 janvier.

 

Bonne découverte !

 

 

 

 

 

Patrick Morency en quelques questions…

JF : De quelle région es-tu originaire ?

PM : Je suis de Montréal.

 

JF : Est-ce que ta région a influencé jusqu’à un certain point l’artiste que tu es aujourd’hui?

PM : C’est évident que la ville et son bouillonnement reste une source d’inspiration inépuisable pour moi.

Déambuler à travers ses bâtiments, ses rues… mais la nature n’est jamais bien loin, et tôt ou tard elle reprend ses droits.

En fait mon travail porte beaucoup sur les traces que l’on laisse derrière soi, sur la matière qui est marquée par l’usure du temps.

 

JF : As-tu toujours eu une âme d’artiste ?

PM :
 Je crois que le fait d’avoir eu un parrain sculpteur sur pierre, un père ébéniste, des oncles graphiste ou aquarelliste, ont sûrement forgé mon imaginaire de gamin.

Le fait d’aspirer à une «carrière» artistique n’a, par contre, jamais été au coeur de mes préoccupations. Je me suis longtemps battu contre l’idée d’être artiste. Trop péjoratif selon moi.

 

JF : Comment en es-tu arrivé à découvrir et travailler l’acier comme matériau dans tes oeuvres ?

PM : J’ai toujours été réactionnaire. Le conformisme dans lequel la peinture est, sa codification avec toujours les mêmes prémisses (toile, châssis, huile, acrilyque) ne me convenait plus. Ne plus tenter de représenter la réalité, mais ÊTRE la réalité.

L’acier est pour moi plus authentique, donc je dirais que le choix s’est fait naturellement.
JF : As-tu un processus de recherche créative et de travail particulier ?

PM : Je tente toujours de schématiser la forme pour qu’elle soit la plus claire possible pour l’esprit.

L’utilisation de l’horizon sert de projection mentale, l’homme sera toujours à la recherche de l’équilibre et d’une certaine idée de sérénité, dans la mesure du possible. C’est ce que je tente de proposer dans mon travail.

 

JF : Quelles sont tes inspirations humaines ?

PM : Quelques artistes associé au mouvement minimaliste de années 60 comme Donald Judd, Carl André.

Des architectes comme Tadao Ando et Jean Nouvel.

Le sculpteur Richard Serra et le peintre Pierre Soulanges.

 

JF : Quelles sont tes inspirations matérielles?

PM : L’architecture, l’acier, le bois, la pierre… les matériaux nobles.

 

JF : Est-ce que ton atelier d’artiste est organisé ou plutôt éparpillé?

PM : Stucturé, je ne supporte pas le désordre !